Contexte et thématique


1. Supports de réflexion
2. Un faible impact environnemental pour une construction durable
3. MaPCoD : Axes de recherche, matériaux et procédés

1. Supports de réflexion

LA PERTURBATION

« La perturbation est l’apparition imprévue, brusque ou progressive d’informations, d’évènements, d’idées ou d’objets qui modifient, infléchissent, distordent ou annulent un programme qu’il s’agisse d’un phénomène naturel, localisé ou généralisé, physique ou organique, individuel ou collectif, ou qu’il s’agisse d’une programmation d’origine humaine fixe ou aléatoire, limitée ou non dans le temps et dans l’espace, à tendance sociale, économique, politique, philosophique, spirituelle, esthétique, scientifique, technologique ou autre.
Selon la force de son impact la perturbation provoque des répercussions plus ou moins profondes sur les structures-mêmes du système programmé pouvant aller jusqu’à leur disparition immédiate ou progressive et, dans l’hypothèse opposée, vers leur optimisation, leur transformation ou leur diversification ». (Nicolas Schöffer).

ESTHÉTISER LE CONSTRUIT

« Autant dire, chez Rudy Ricciotti, le doter d’un potentiel de perturbation, en faire un instrument à déplacements échappant à la pétrification de l’acquis par injection d’éléments ou de rhétoriques de l’ordre du “dérangement”. Où mesurer combien, ici, le parti de l’esthétisation n’a pas pour fondement la gratuité.

……… Sauf à reconduire la mode, sauf à se plier aux règles de l’habitus ou se conformer à l’attente des demandeurs de bas désirs, se frotter au concept de “maison” est tout à l’exception d’une sinécure. Innover, créer un genre, s’agit-il de la domus, c’est en effet devoir rejouer l’ensemble de l’héritage en la matière, de l’abri sous roche aux demeures palladiennes, de la tente primitive à la Tucker House de Venturi, de l’enclos néolithique aux propositions les plus contemporaines qui soient, habitats de l’Atelier Bow Wow ou villa Barak par François Roche. Exercice de haute culture requérant une solide mémoire et (souhaite-t-on faire inédit ?) commandant à ne pas méconnaître la tradition pour mieux la mettre à bas ».

Paul Ardenne, Codex, Rudy Ricciotti, Ed. Birkhäuser – 2004. Page 134.

ARCHITECTURE EN CLINAMEN : RECYCLER ET INDUSTRIALISER EN COHABITATION.

1. A partir de l’exemple du « RURAL STUDIO », Etat de l’Alabama – USA – Université Auburn.
« Faire quelque chose  de durable en mettant l’accent sur le local »
« Redonner une identité à la population »

2. Une architecture en « clinamen »
(pour Epicure, le clinamen est « la déviation spontanée qui permet aux atomes tombant dans le vide de se rencontrer et de s’agglomérer »)
Cette déviation, par extension, rend le monde et sa dynamique aléatoires, elle les soumet au principe d’une réorganisation permanente, incontrôlable et née de télescopages. Une architecture traitée en clinamen, analogiquement, favorisera les assemblages hétéroclites, la combinatoire flottante, l’appareillage déstructuré.

Ibid, page 124.

Dé-OBJECTALISER

En référence à Kengo Kuma.

Ci-dessous, paraphrase de l’ouvrage : Sophie Houdart et Chihiro Minato, KUMA KENGO : une monographie décalée, Ed Donner Lieu – 2009 (à partir de la page 185)

Ne signifie pas dématérialiser. Rien à voir avec le virtuel. Au contraire Faire disparaitre est une opération très matérielle, qui s’élabore suivant des choses qui existent et se transforment. C’est la position qui consiste à ne pas réduire les matériaux à une seule manière d’exister, mais de les laisser être ce que, fondamentalement ils sont : multiples et potentiellement modifiables.

Il s’agit de prendre un matériau et de le pousser à bout. Mettre en place des dispositifs qui permettent aux matériaux de jouer un autre rôle, de les faire sortir de ce à quoi l’histoire, les conventions les a assignés, de rompre le silence en trouvant le bon dispositif pour les exprimer et leur permettre de se comporter autrement. Les matériaux n’ont pas de propriétés inaliénables. On va chercher des matériaux qui semblent être univoques, ne porter qu’une seule voix, et concevoir pour eux la manière de leur faire dire autre chose. Ce pose alors la question du jusqu’où ? Jusqu’où peut-on aller ? Jusqu’où peuvent-ils accepter de jouer le rôle de quelque chose d’autre ? Jusqu’où peuvent-ils encaisser d’autres états ? Jusqu’où peut-on négocier les possibilités d’existence du bois, du béton, de la pierre, de la paille, du papier, …. ? C’est l’expérimentation par la maquette, le dessin, l’étude des détails qui amène, invite le matériau à se comporter autrement qu’il n’en a l’habitude.

OPTIMISER LE BILAN CARBONE : QUELLES LIMITES ?

Penser, concevoir, organiser et construire sur la base exclusive du bilan carbone.


2. Un faible impact environnemental pour une construction durable

Des stratégies pour la réduction de l’impact environnemental de la construction peuvent être mises en œuvre sur le plan des matériaux employés (provenance, toxicité, performances, recyclabilité, etc.), des procédés de transformation des matériaux et de fabrication des composants et des édifices (provenance, extraction, transport, transformation, mise en œuvre, utilisation, recyclage), mais également de l’impact de cette production sur l’environnement humain (économique, social, culturel, risques) et naturel (écotoxicité, bio-diversité, transformation des milieux).

Exemples de stratégies :

  • utiliser des procédés et savoir-faire en place dans le maillage économique
  • pouvoir déplacer et modifier la construction
  • restituer le sol et les milieux environnants en l’état
  • conduire un chantier propre, en construction comme en déconstruction
  • réduire les nuisances sur site
  • atteindre un haut niveau de performance thermique (entre BBC et passif), acoustique et structurel
  • exploiter des ressources renouvelables, autant en fabrication qu’en usage
  • réduire l’usage de matériaux à fort impact environnemental (pollution, bilan GES, énergie grise)
  • considérer l’usager comme un partenaire
  • accommoder plutôt que résister/réduire les forces plutôt qu’accroître la résistance/prévenir plutôt que guérir/sobriété plutôt que high technicité
  • exprimer la valeur écologique
  • recycler, valoriser des déchets
  • tendre à un bilan nul ou positif de l’édifice
  • accroitre la résilience aux risques
  • s’adapter aux modifications des contextes (économiques, d’usage, environnementaux)

3. MaPCoD : Axes de recherche, matériaux et procédés

En gras, les axes qui nous intéressent par des liens privilégiés parmi les partenaires de MaPCoD ; les autres ne sont pas à négliger

- WP1 : Usage des matériaux « primaires » (matériaux locaux, naturels ou faiblement transformés) :

  • pierre sèche, seule ou en complément d’autres matériaux
  • autres ?

- WP2 : Matériaux « alternatifs » et « éco-matériaux » :

  • déchets d’autres activités humaines (démolition, cendres, extraction, etc.) avec réduction des quantités de liant à haut impact environnemental (ciment)
  • économie de matière et d’énergie en allégeant les matériaux et en utilisant des matériaux organiques ou bio-sourcés pour le renforcement des structures, à la place de matériaux à haut impact
  • simplification des compositions et procédés pour la construction, en concevant des panneaux multifonctionnels à faible impact :
    • béton ultra-haute performance
    • isolants bio-sourcés
    • composants allégés et simplifiés
    • procédés de fabrication à faible énergie
    • assemblage et déconstruction simplifiés
    • etc.

- WP3 : Matériaux et technologies à faible impact pour les infrastructures

  • trouver des matériaux de substitution, étudier des systèmes composites à faible teneur en matériaux à haut impact

- WP4 : Recyclage de matériaux et déchets issus de l’activité de génie civil, notamment des sols modifiés

  • potentiel de réutilisation des déchets d’extraction et de modification des sols (boues de forage, terre extraite par exemple)

- WP5 : Perception et amélioration de l’acceptabilité des nouveaux matériaux et procédés de construction

  • optimisation de la performance et acceptabilité par les prescripteurs et les usagers : trouver le compromis entre l’efficace et l’acceptable
  • développement d’outils logiciels de mesure et de proposition pour l’aide à la décision

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